mardi 13 août 2013

La recette du "pastel de Belem", le secret le mieux gardé de Lisbonne (2006)

   La recette du "pastel de Belem", le secret le mieux gardé de Lisbonne
   Par Lévi Fernandes
 
  C'est le secret le plus ancien du Portugal, aujourd'hui jalousement gardé par à peine trois pâtissiers: la recette du "pastel de Belem", sorte de tartelette fourrée de crème brulée, qui chaque jour attire gourmands et gourmets par centaines vers la pâtisserie la plus célèbre de Lisbonne.
   "Nos trois pâtissiers s'enferment tous les matins dans ce que nous appelons l'usine du secret", où sont conçues ces douceurs, explique à l'AFP Pedro Clarinha, gérant de l'établissement et l'un des sept associés de la maison.
   Avant d'être recrutés, ils ont du signer un document où ils s'engagent à ne pas révéler la recette qui "appartient à l'établissement", précise-t-il.
   Avec ses murs en "azulejos", les traditionnels carreaux de faïence bleus et blancs du Portugal, la maison des "pasteis de Belem" s'est imposée comme un lieu incontournable pour les touristes et les lisboètes.
   Saupoudrée de cannelle et de sucre glace, cette tartelette à la pâte feuilletée, s'y vend comme des petits pains.
   Son histoire commence à Belem, une bourgade sur les bords du Tage d'où partaient les caravelles à la découverte du monde, qui lui a donné son nom. Plus précisemment dans les fourneaux du célèbre monastère des Hyeronimites, les moines de l'ordre de Saint Jerôme. Car, comme la très grande majorité des friandises et pâtisseries portugaises, ce sont des religieux qui ont présidé à sa naissance.
   La tartelette est appréciée depuis longtemps dans le réfectoire du monastère quand survient la révolution libérale de 1820. Tous les établissements religieux sont fermés en 1834 et de nombreuses personnes se retrouvent sans emploi. Parmi elles, un pâtissier du monastère ne tarde pas à être recruté par une raffinerie de sucre à quelques dizaines de mètres de là. Il a bientôt l'idée de proposer au grand public les tartelettes qui faisaient les délices des religieux.
   Le succès est immédiat et ne cesse de croître depuis 1837. La recette se transmet de génération en génération. Et la raffinerie - seul lieu de vente de la star des tartelettes -  devient l'une des plus importantes pâtisseries du Portugal. Aujourd'hui une centaine d'employés en produisent 15.000 par jour.
   Le grand défi est de conserver la saveur originelle, confie M. Clarinha. "On essaye de continuer à confectionner les gâteaux de manière artisanale, à la main, comme à l'époque. Mais les ingrédients ont beaucoup changé. Le lait ne vient plus d'une ferme des environs de Lisbonne comme alors et la cannelle n'arrive plus des anciennes colonies", explique-t-il.
   "Alors, dès que de nouveaux lots d'ingrédients sont livrés, nous devons systématiquement procéder à des essais pour être sûrs de conserver le goût comme aux premiers jours", ajoute-t-il.
   Le secret de la réussite est dû non seulement à la recette, mais également au savoir-faire et au doigté d'une poignée de pâtissiers fidèles. Agé de plus de 80 ans, le chef pâtissier actuel, continue de mettre la main à la pâte depuis bientôt 45 ans.
   Devant le succès, la tentation d'une production de masse ou encore d'internationalisation de la marque est grande. "Le procédé de fabrication est une entrave à un plus grand développement", reconnaît le responsable des lieux.
   Et on trouve déjà des imitations en Grande-Bretagne, en France, en Afrique du Sud ou encore en Australie, se lamente M. Clarinha, qui ne voit pas d'un très bon oeil ces imitations.
   "Nous avons déposé la marque en Europe. Mais Il est très difficile de contrôler les contre-façons à un niveau mondial", regrette-t-il.
   lf/
Source: AFP -- 25/03/2006


   Secret recipe draws crowds to Portuguese shop for nearly two centuries
   by Levi Fernandes

   For almost two centuries people from around the world have flocked to a pastry shop in Lisbon for a creamy custard tart made according to a recipe that has been kept secret since it was bought from a monastery in the early 1800s.
   The cavernous establishment located near the tombs of Portugal's kings and queens is the only place that sells the tiny "pasteis de Belem", named after the riverside neighbourhood where the shop is located.
   "There is nothing else like these," said Augusto Moraes, 37, as waiters wearing white shirts and black bow ties hustled back and forth to deliver plates of the tarts which can be eaten in just two or three bites.
   While the shop serves other traditional cafe foods, waiters say most people who visit come for the tarts which sell for less than one euro (dollar) each.
   It is especially busy on Sundays when entire families along with tourists and young couples fill its tile-walled rooms of differing sizes and a line of customers waiting to get inside often stretches outside its doors.
   Around 100 workers make 15,000 of the tarts each day which can be served with a sprinkling of cinnamon or powdered sugar -- or both.
   The shop tries to stay faithful to the recipe -- known only by three people -- to ensure the cakes taste the same as when they were first made but changes over the years to the suppliers of the ingredients used makes it difficult.
   "The milk no longer comes from farms near Lisbon like before and the cinnamon is no longer from Portugal's former colonies," said Pedro Clarinha, the shop's manager and one of its seven part-owners.
   Like most of Portugal's traditional pastries, the tarts were originally made by nuns at a nearby monastery.
   But after a revolution in 1820 many religious orders were forced to close and one of Clarinha's ancestors bought the recipe for the "pasteis de Belem" from an out-of-work confectioner and began to make them himself.
   Variations of the tarts -- called "pasteis de nata" -- are sold everywhere in Portugal as well as around the world.
   They can be found in countries with large Portuguese immigrant populations like Australia, Canada, France and South Africa as well as in Macau, a former Portuguese enclave that reverted to China's rule in 1999.
   Hong Kong branches of US fast food chain KFC have sold the tarts, which also became popular in Singapore and Taiwan in the late 1990s.
   But only the tarts that come out of the ovens at Clarinha's pastry shop in Lisbon can be called "pasteis de Belem" after his family registed the name in Europe in 1911.
   "It is very difficult to control imitations at a global level," he said.
   Despite the huge success of the pastry shop, Clarinha said an expansion to other areas has been ruled out because the tart's secret production process would not allow for mass production.
   Fans of the tarts appear happy to make the trip to Lisbon.
   Elsa Ferreira said she and her husband Carlos sometimes travel from their home in Torres Vedras, some 45 kilometres (30 miles) northwest of Lisbon, on weekends just to eat "pasteis de Belem".
   "The others don't come close to these," she said as she sprinkled powdered sugar on a plate of four custard tarts she was about to share with her husband.


Cheval lusitanien: Lisbonne veut redonner ses lettres de noblesse à l'art équestre portugais (2009)

   Lisbonne veut redonner ses lettres de noblesses au cheval lusitanien
   Par Levi FERNANDES

  Le Portugal veut redonner ses lettres de noblesse au cheval lusitanien, symbole et support de l'équitation traditionnelle portugaise, en déménageant son école d'art équestre qui perpétue cet art séculaire au coeur du quartier touristique de Lisbonne en 2010.
   "Cela nous permettra d'augmenter la visibilité de l'école ainsi que le nombre de visiteurs et de spectateurs" aux spectacles équestres, a expliqué à l'AFP Filipe Graciosa, l'écuyer en chef de l'Ecole portugaise d'art équestre et véritable passionné.
   Aujourd'hui installée dans le "petit versailles portugais", le palais national de Queluz à une dizaine de kilomètres de Lisbonne, l'école d'art équestre célèbre cette année son trentième anniversaire.
   Créé par le gouvernement, elle a pour vocation de perpétuer et promouvoir le patrimoine équestre portugais et sa diversité de disciplines, s'inscrivant dans la continuité de la tradition de l'académie équestre de la Cour portugaise fermée au XIXe siècle.
   L'école, et la soixantaine de chevaux qu'elle héberge, doivent s'installer dans de nouveaux locaux dès l'année prochaine dans le quartier de Belem, à l'est de la capitale portugaise, pour un investissement de 12,5 millions d'euros.
   Tour à tour, cheval de prédilection des monarques portugais depuis le XVIIIe siècle, cheval de guerre, cheval de travail des éleveurs et agriculteurs, il est aujourd'hui un cheval de dressage et de haute école, ainsi que la vedette des "tauradas", les corridas à la portugaise où le taureau est combattu par un cavalier. L'école se produit également régulièrement à l'étranger.
   Avec ses lignes élancées, le lusitanien est un cheval élégant, doux et harmonieux. Agile, réactif et joueur, son caractère stable en fait un cheval confortable à monter et très apprécié des dresseurs, expliquent les aficionados.
   Grâce à sa grande capacité d'adaptation, il connaît ces dernières années un regain d'intérêt, étant récupéré notamment par le monde du spectacle équestre et la compétition sportive. Dépassé notamment par le pur sang anglais, plus grand et athlétique, il était tombé dans l'oubli au XIXe et dans les premières années du XXe siècle.
   "Aujourd'hui, le +lusitano+ est considéré comme l'un des meilleurs chevaux de selle, explique José Fontes, l'un des quelque 300 éleveurs du pur sang lusitanien recensés au Portugal. Il peut s'adapter à différentes disciplines, car il a une grande capacité d'apprentissage".
   Très proche du pur sang espagnol, avec lequel il partage une origine génétique commune, le pur sang lusitanien dispose néanmoins depuis 1966 de son propre "stud book", un registre destiné à prouver l'origine génétique du cheval et dont l'appelation est contrôlée par la Fondation Alter Real (Haras nationaux) et l'Association Portugaise des éleveurs du lusitanien (APSL), sous la tutelle du ministère de l'Agriculture.
   Face au succès croissant du pur sang lusitanien, des éleveurs portugais craignent de perdre le contrôle de l'élevage de cet équin. Certains d'entre ont fait part récemment au gouvernement de leur inquiétude sur "l'existence de plusieurs +stud books+ non homologués", notamment au Brésil, aux Etats-Unis ou en Belgique.
   "Ce n'est pas vrai, répond l'APSL. Le Brésil n'a pas créé sa marque de pur sangs lusitaniens, si bien qu'on ne peut pas dire que le cheval court un risque", tient à rassurer l'organisme.
   lf/
Source: 30/06/2009

   Portugal: des éleveurs craignent de voir échapper le contrôle du lusitanien
 
  Des éleveurs portugais s'inquiètent de la commercialisation dans plusieurs pays de chevaux pur sangs lusitaniens ne respectant pas le livre génétique enregistré et géré par le Portugal, berceau de cette race équine séculaire.
   Un groupe de 18 éleveurs portugais a adressé le mois dernier une lettre au ministère de l'Agriculture portugais dans laquelle ils font part de leur inquiétude sur des cas rapportés de "l'existence de plusieurs +stud books+ (livre généalogiques) du cheval lusitanien non homologués" notamment au "Brésil, aux Etats-Unis ou en Belgique".
   "Ce qui est en cause c'est la crédibilité de la race lusitanienne et en dernière instance la souveraineté nationale, écrivent-ils. Le livre généalogique du pur-sang lusitanien est unique et fonctionne au Portugal, pays d'origine de la race".
   Les éleveurs contestataires en appellent au gouvernement pour reprendre le contrôle du "stud book", un registre destiné à prouver l'originie génétique du cheval et dont seul le Portugal a le contrôle.
   La reproduction est la commercialisation est strictement encadré par ce code défini par des critères morphologiques, la couleur ou encore les aptitudes physiques. Les jeunes animaux doivent provenir de parents inscrits pour pouvoir prétendre à l'inscription au "stud book".
   L'enjeu est important. Le lusitanien, une race de cheval de selle d'origine portugaise, connaît un regain de popularité dans le monde entier grâce aux spectacles équestre et à ses performances de dressage. Or, aujourd'hui le Brésil possède près de la moitié des effectifs du lusitanien.
    Le "stud book" lusitanien, qui partageait l'appellation d'andalou jusque dans les années 60 pour sa grande proximité avec le pure race espagnol, n'a été créé qu'en 1966.
   Le cheval lusitanien peut être naître et être élevé dans d'autres pays, mais en respectant les règles génétiques définies par l'Association du pure-sang lusitanien (APSL), chargée par l'Etat portugais de gérer cette race.
   lf/

Source: 24/06/2009


A Lisbonne, un quartier branché est né des ruines d'une zone industrielle (2009)

   A Lisbonne, un quartier branché est né des ruines d'une zone industrielle
   Par Levi FERNANDES

  A Lisbonne, une zone industrielle abandonnée a fait place à la Lx Factory, une "usine culturelle" regroupant plus de 80 sociétés des domaines de l'art et de la mode qui ont font vivre le nouveau quartier branché de la capitale portugaise.
   Au pied du pont métallique 25 Avril, qui enjambe le fleuve Tage, se dresse une ancienne citerne d'eau en béton barrée de l'inscription: "La joie dans le travail". Dans une ambiance décontractée à la touche underground, le va et vien de professionnels des industries créatives est incessant.
   Née dans une ancienne zone industrielle il y a déjà deux ans, la Factory de Lisbonne (dont Lx est l'abbréviation) reste pourtant un projet provisoire, tant que la mairie ne présente pas son plan d'ensemble pour le quartier d'Alcântara.   De l'extérieur, rien n'a changé. Hangars et entrepôts en acier, brique, verre et béton armé, témoins de l'architecture industrielle du début du XXe siècle, se succèdent dans le quartier occupé jadis par une ancienne compagnie de filature, une usine de sucre ou encore une typographie.
   A l'intérieur des hangars, l'architecture industrielle brute avec par endroits une ossature métallique apparente, alliée au verre et au béton, contraste avec l'esthétisme soigné des boutiques de design et des magasins de déco, attirés par les bas prix de location.
   On y trouve également un café, un restaurant, une école d'acteurs, la rédaction d'un magazine de mode, une société de production audiovisuel et ateliers d'artistes peintres ou encore des cabinets d'architecture fréquentés par un public jeune, aisé et branché.
   Lx Factory est un projet de la société immobilière Mainside spécialisée dans la réhabilitation d'immeubles anciens, qui a acquis plus de 23.000 mètres carrés sur lesquels s'étend ce quartier industriel abandonné, perpendiculaire aux docks de Lisbonne.
   En attendant que la municipalité se décide, Mainside voulu mettre en valeur cet espace unique, à l'image des lieux branchés existant à New York, Berlin ou Londres.
   A la différence qu'ici "les occupants savent qu'ils s'installent provisoirement", souligne l'architecte Filipa Batista, qui gère les lieux pour Mainside. Les locataires de la Factory lisboète déboursent entre 6 et 12 euros le mètre carré et signent des bail ce cinq ans, mais peuvent être amenés à quitter les lieux avant ce délai sans avoir droit à des indemnités.
   "Je leur conseille de profiter de ce qui se trouve déjà sur place et de faire un minimum de travaux. D'investir juste l'indispensable", explique Mme Batista.
   Le concept a été rapidement rattrapé par son succès et les candidats au déménagement ne manquent pas. Le public apprécie également et la Lx Factory s'est rapidement imposée comme un nouveau lieu de loisir, notamment en soirée. Ses nuits portes ouvertes concurrencent fortement le Bairro Alto, quartier de la movida lisboète depuis plus de vingt ans.
   La librairie "Ler Devagar" (lire doucement) s'est installée en avril dernier dans les locaux d'une ancienne imprimerie contre un "loyer symbolique" selon ses responsables, et propose en plus de la vente de livres une programmation culturelle hétéroclite jusqu'à deux heures du matin le vendredi et le samedi.
   "Avec peu de frais en matière d'installation, nous pouvons investir davantage dans des livres!", se félicite son responsable José Pinho.
  
source: AFP -- 08/07/2009

Le réalisateur espagnol Carlos Saura fait danser le fado (2007)

   Le réalisateur Carlos Saura fait danser le fado
   Par Levi Fernandes
   
   Le réalisateur espagnol Carlos Saura bouscule toutes les conventions dans son dernier film, "Fados", en introduisant une chorégraphie pour accompagner ce chant traditionnel portugais emprunt de nostalgie et de mélancolie généralement écouté dans le recueillement.
   "Et pourquoi pas?" s'interroge le réalisateur dont le film "Fados" est sorti jeudi dans les salles portugaises.
   "Beaucoup de fados ont un rythme et une cadence sur lequel on peut danser. La règle qui consiste à dire que le fado n'est pas fait pour danser est une invention purement portugaise", affirme-t-il dans un entretien avec l'AFP.
   "Silence on va chanter le fado". C'est sur cette formule consacrée que débutent généralement les spectacles de fado classiques, où le spectateur tend l'oreille dans une ambiance de lumière tamisée et se laisse porter par l'émotion.
   Dans son dernier film, le réalisateur espagnol de 75 ans met en scène une vision très personnelle du fado. Il a voulu renvoyer une image différente de ce genre musical traditionnel en retraçant son évolution, de ses origines africaines et brésiliennes jusqu'aux interprétations plus innovantes dues à une nouvelle génération d'artistes qui occupe aujourd'hui le devant de la scène.
   Un fado en perpétuelle évolution qui emprunte aux rythmes africains, au hip hop, à la musique classique ou encore à la bossa nova avec des interprètes de différentes nationalités comme les brésiliens Caetano Veloso, Chico Buarque, la luso-mozambiquenne Mariza ou encore la mexicaine Lila Downs.
   En utilisant le pluriel "Fados" pour le titre Saura a voulu marquer la variété et les possibilités nouvelles d'un genre trop souvent figé dans les dernières années dans le carcan de la tradition.
   "J'ai essayé d'introduire dans mon film certains éléments dont nous pensons qu'ils ont pu avoir une influence sur le fado (...), comme par exemple les rythmes du Brésil ou de l'Afrique", explique le réalisateur espagnol.
   "Le fado fait partie de ma culture au même titre que le tango et d'autres styles musicaux", souligne-t-il.
   Devenu la musique emblématique de tout un peuple et la voix du Portugal dans le monde grâce à des artistes comme Amalia Rodrigues, le fado, selon certains musicologues, trouverait son origine au Brésil où les rythmes noirs importés par les esclaves africains se mêlèrent aux "modinhas", airs de musique des salons nobles.
   Il fut ensuite ramené d'Amérique du sud par les aristocrates et leurs domestiques qui avaient, en 1807, suivi la cour portugaise fuyant à Rio de Janeiro les troupes napoléoniennes.
   Sans renier la tradition, une nouvelle génération de fadistes est née dans les dernières années, prête à prendre la relève et à ajouter sa marque personnelle avec des artistes comme Camané, Katia Guerreiro, Mafalda Arnauth, Cristina Branco, Pedro Moutinho ou encore Mariza.
   Née au Mozambique, Mariza, à l'affiche de "Fados", est en passe de devenir la nouvelle diva du fado dans le monde. Elle puise son inspiration dans un monde lusophone plus vaste, en ajoutant notamment de nouveaux instruments à la traditionnelle guitare portugaise.
   "Elle me paraît être l'une des artistes pouvant le mieux rompre le cercle et l'ouvrir", affirme Saura.
   "Il me paraît fondamental de renouveler le fado. Il existe un fado orthodoxe, classique, qui est là pour durer. Puis un autre qui poussent les fadistes à aller plus loin. Je crois que le métissage est fondamental", estime le réalisateur.
   "Fados" est le dernier volet de la trilogie du cinéaste espagnol consacré à la musique, après Flamenco en 1985 et Tango en 1998, nommé pour l'oscar du meilleur film étranger.

source: AFP -- 27/09/2007

A lire:
http://www.umoove.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=709&Itemid=36


   Carlos Saura coreografía el fado
   Por Levi Fernandes
 
   El director español Carlos Saura se salta todas las convenciones en su última película, "Fados", al introducir una coreografía para acompañar este canto tradicional portugués impregnado de nostalgia y melancolía que en general se escucha con recogimiento.
   "¿Y por qué no?", preguntaba el propio director de "Fados", que se estrenó la semana pasada en los cines portugueses.
   "Muchos fados tienen un ritmo y una cadencia que se pueden bailar. La regla consiste en decir que el fado no está hecho para bailar es una invención puramente portuguesa, afirmó en conversación con la AFP.
   "Silencio, van a cantar el fado". Con esta fórmula consagrada empiezan en general los espectáculos clásicos de fado, en los que el espectador aguza el oído en un ambiente de luces tamizadas y se dejar guiar por la emoción.
   En su última película, el director español de 75 años escenifica una visión muy personal del fado. Ha querido dar una imagen diferente de este género musical tradicional siguiendo su evolución, desde sus orígenes africanos y brasileños hasta las interpretaciones más innovadoras debidas a una nueva generación de artistas que sube hoy a los escenarios.
   Un fado en perpetua evolución con aportaciones de los ritmos africanos, el hip hop, la música clásica o la bossa nova con intérpretes de diferentes nacionalidades como los brasileños Caetano Veloso, Chico Buarque, la luso-mozambiqueña Mariza o la mexicana Lila Downs.
   Al optar por plural "Fados" en el título, Saura ha querido subrayar la variedad y las posibilidades nuevas de un género demasiado rígido, marcado estos últimos años por la tradición.
   "He querido introducir en mi película ciertos elementos que creemos han podido influir en el fado (...), por ejemplo los ritmos de Brasil o Africa", explica el director español.
   "El fado forma parte de mi cultura, como el tango y otros estilos musicales", subraya.
   Música emblemática de todo un pueblo y voz de Portugal en el mundo gracias a artistas como Amalia Rodrigues, el fado, según ciertos especialistas, proviene de Brasil donde los ritmos negros importados por los esclavos africanos se mezclaron con las "modinhas", aires musicales de los salones nobles.
   Luego llegó a América del Sur de la mano de los aristócratas y sus domésticos, que en 1807 habían seguido a la corte portuguesa que abandonó Río de Janeiro huyendo de las tropas napoleónicas.
   Sin renegar de la tradición, una nueva generación de fadistas ha surgido estos últimos años, dispuesta a asumir el relevo y añadir su marca personal con artistas como Camané, Katia Guerreiro, Mafalda Arnauth, Cristina Branco, Pedro Moutinho o Mariza.
   Nacida en Mozambique, Mariza, que figura en "Fados", se está convirtiendo en la nueva diva del fado en el mundo, inspirándose en un mundo lusófono más amplio y arropando con nuevos instrumentos la tradicional guitarra portuguesa.
   "Me parecía una de las artistas que mejor podían romper el círculo y abrirlo", afirma Saura.
   "Me parecía fundamental renovar el fado. Existe un fado ortodoxo, clásico, que está ahí para durar. Y existe otro que lleva a los fadistas a ir más lejos. Creo que el mestizaje es fundamental", estima el cineasta.
   "Fados" es el último capítulo de la trilogía del cineasta español consagrado a la música, después de "Flamenco" en 1995 y "Tango" en 1998, nominado para la mejor película extranjera.

Source: AFP -- 09/10/2007


Longtemps boudée chez elle, Joana Vasconcelos expose enfin sa démesure à Lisbonne (2010)

   Longtemps boudée chez elle, Joana Vasconcelos expose enfin sa démesure à Lisbonne
   Par Lévi FERNANDES

   Une créature tentaculaire bigarrée rampant sur les murs et le sol, un lustre géant de tampons hygiéniques: la démesure est la marque de fabrique de la plasticienne portugaise Joana Vasconcelos, reconnue à l'étranger avant d'être enfin consacrée par une rétrospective à Lisbonne.
   "Le volume, ce n'est pas ma préoccupation, assure pourtant l'artiste. Je travaille des idées. Je cherche la meilleure manière de les exprimer sans me laisser brider par les matériaux ou les techniques. Les questions d'échelle et de proportions se posent après."
   Pour l'exposition, intitulée "Sem Rede" (sans filet) et qui se tient jusqu'au 18 mai au musée d'art moderne Berardo à Lisbonne, une quarantaine d'oeuvres, provenant pour beaucoup de collections privées, ont été sélectionnées, retraçant quinze ans d'une production monumentale, longtemps boudée au Portugal.
   "Sans une perspective internationale, je n'aurais pas survécu, estime aujourd'hui Joana Vasconcelos, née à Paris en 1971. Mes pièces sont trop grandes, trop coûteuses et difficiles à transporter. Je n'étais pas commode et rentable pour les galeries".
   Sur le marché de l'art international en revanche, la cote de Joana Vasconcelos n'a cessé de monter. Début février, la sculpture "Marylin", une paire d'escarpins de 4 mètres de haut composés de marmites d'inox, a été adjugée 573.000 euros chez Sotheby's à Londres, pour une estimation de départ à un peu plus de 170.000 euros.
   Considérée comme l'artiste contemporaine portugaise la plus talentueuse de sa génération, Joana Vasconcelos a une prédilection pour les objets du quotidien qu'elle s'amuse à transformer, au moyen de techniques souvent traditionnelles comme les azulejos et le crochet, pour porter un regard amusé ou critique sur la société qui l'entoure.
   "Je peux aussi bien réfléchir sur la violence et la société de consommation ou bien partir à la recherche de nos racines et penser à l'avenir. Au fond, je suis une journaliste", se plaît-elle à se définir.
   Au musée Berardo, le "coeur de Viana", un bijou traditionnel porte-bonheur, élève à quatre mètres de hauteur ses filigranes de couleur, formés de cinq mille couverts en plastique tordus sous la chaleur.
   A quelques mètres de là, une poupée revêtue d'une burqa, suspendue à des câbles, est brusquement lâchée avant de s'écraser sur le sol, simulant une sorte d'exécution. "C'est l'une des oeuvres les plus connues à l'étranger car elle est très actuelle", souligne la plasticienne.
   "Les gens voient l'une de mes oeuvres et me collent une étiquette, mais je fais des choses très différentes, si bien qu'ils ne me connaissent pas vraiment. Cette exposition est l'occasion de coller ces morceaux", se félicite-t-elle.

source: AFP - 02/03/2010
A lire: http://www.lepoint.fr/culture/2010-03-03/longtemps-boudee-chez-elle-joana-vasconcelos-expose-enfin-sa/249/0/429743
http://www.ladepeche.fr/article/2010/03/03/788852-longtemps-boudee-chez-joana-vasconcelos-expose-enfin-demesure-lisbonne.html
http://www.google.com/hostednews/afp/slideshow/ALeqM5jTB1awjCNVIy-BOAydP9lTvdvvMw

Fado, patrimoine de l'Unesco (2010)


Le Portugal espère inscrire le fado au patrimoine immatériel de l'Unesco 



Le Portugal veut inscrire le fado, un chant traditionnel né il y a près de deux siècles à Lisbonne et devenu depuis le symbole de tout un peuple, au patrimoine mondial de l'Unesco pour obtenir une reconnaissance mondiale de cet art unique.
La nuit tombée, le vieux quartier de l'Alfama à Lisbonne, avec ses rues escarpées, ses petits passages, ses escaliers étroits et le linge pendu aux fenêtres, s'anime pour vivre au rythme du fado.
Sur les petites places pavées ou dans une ambiance plus intimiste des maisons de fado, amateurs et touristes affluent nombreux pour écouter les artistes, accompagnés à la guitare, chanter la "saudade", ce mal de vivre empreint de tristesse et de nostalgie.
Ce chant traditionnel, porté aux quatre coins du monde par la diva du fado Amalia Rodrigues disparue il y a tout juste onze ans, le Portugal espère l'inscrire dans la liste "patrimoine culturel immatériel" de l'Unesco, qui complète celle du patrimoine mondial regroupant aujourd'hui plusieurs centaines de sites naturels et culturels dans le monde entier.
Cette liste de l'Unesco regroupe actuellement 166 traditions, pratiques, connaissances, arts du spectacle ou savoir-faire, parmi lesquels le tango, le découpage du papier chinois, des dentelles de Croatie, le carnaval d'Oruro en Bolivie, les dessins sur le sable du Vanuatu, le théâtre Nogaku au Japon ou le patrimoine oral du Guélédé (Bénin, Nigeria et Togo).
Avec cette démarche, le Portugal, qui a déposé la candidature en juillet, espère "obtenir une reconnaissance mondiale de l'importance du fado", souligne l'ambassadeur portugais auprès de l'Unesco Manuel Carrilho.
"L'Unesco doit se prononcer en novembre 2011", précise Sara Pereira, directrice du musée du fado et membre du comité chargé de défendre le dossier de candidature.
Né à Lisbonne au XIXe siècle, l'histoire du fado se confond avec celle du peuple portugais.
"Après la période des découvertes, beaucoup étaient restés au Brésil ou en Afrique. D'autres avaient péri en mer. Et au Portugal régnait une atmosphère de tristesse. Le fado est né de cette mélancolie, chantée par des artistes qui vivaient dans les quartiers bordant le fleuve Tage", explique Mario Pacheco qui tient une des plus prestigieuses maisons de fado dans l'Alfama.
"Dans notre fado, il y a beaucoup de blessure. Il y a la saudade, ce mot si difficile à traduire, et qui exprime le manque de quelque chose, le manque de notre pays, le manque de nos femmes, le manque de nos racines", ajoute ce musicien qui accompagne tous les soirs à la guitare les fadistes qui se produisent dans son club.
Depuis cette époque, "le fado est parvenu à s'imposer comme l'image de marque de notre culture. Dans les années 80 en intégrant le circuit de la +world music+, il est devenu un icône de la culture portugaise", relève Sara Pereira.
Pour Cristina Branco, qui appartient à cette nouvelle génération de chanteurs qui ont su renouveler le fado en y introduisant de nouvelles sonorités, cette candidature "permettra au fado d'être reconnu par un plus grand nombre de personnes et de le faire évoluer davantage".
"Le fado est une musique qui parle d'une société et par conséquent il évolue avec elle", observe-t-elle.
Portant si cette candidature est vue comme une chose positive pour la grande majorité des artistes, certains craignent que cette musique en devenant patrimoine mondial échappe au pays qui l'a vu naître.
"Je n'aimerais pas que le fado devienne une musique de masse. J'arais aimé qu'il garde ce côté mystérieux", confie Mario Pacheco dont le fado est une histoire de famille avant de se conclure résigné. "Mais dans la mesure où c'est utopique, nous allons essayer de le consacrer mondialement en tant que grande musique ethnique et urbaine".
lf
Source: AFP -- 14/10/2010



Cristina Branco, le nouveau souffle du fado

Davantage connue à l'étranger que dans son propre pays, la chanteuse portugaise Cristina Branco appartient à la nouvelle génération de fadistes comme Misia ou Ana Moura qui ont renouvelé le genre depuis le milieu des années 90.
Née en 1972 à Almeirim, près de Santarem, au centre du Portugal, sa carrière débute un peu par hasard. Fan de Billie Holiday et Janis Joplin, elle se découvre une passion pour le fado à 18 ans lorsque son grand père lui offre un disque de la grande chanteuse Amalia Rodrigues.
Lors d'une soirée, ses amis la poussent à chanter quelques chansons de fado. Grande timide, elle se laisse tenter et c'est la révélation. En 1996, elle se produit lors d'un récital à Amsterdam, aux Pays-Bas. Le succès est immédiat.
De cette expérience, naît un album, "Cristina Branco Live in Holland". Après les Pays-Bas, elle entre dans le circuit international. 
Face à ce succès, le Portugal s'intéresse à l'artiste. 


 Lisbonne célèbre l'inscription du Fado au patrimoine de l'humanité
      Par Lévi FERNANDES

   "Vive le Fado!": l'inscription du Fado au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco a été accueilli par des cris de joie à Lisbonne dans le quartier de l'Alfama, berceau de ce chant devenu le symbole de tout un peuple.
      "Vive le Fado! C'est un jour important pour nous", s'exclame Maria Argentina, une chanteuse habitant Alfama, le quartier qui vit au rythme de ce "blues portugais" empreint de tristesse et de nostalgie.
      Pour l'occasion, elle a réuni quelques amis fadistes autour d'une longue table dressée sur une petite place pavée du quartier, baignée par les rayons de soleil de ce bel après-midi d'automne.
      "Vous voulez que je chante?", lance-t-elle les yeux pétillants de joie. Elle n'hésite pas à pousser quelques notes de fado que ses convives rythment aussitôt en frappant dans leurs mains sous le regard amusé des habitants du quartier.
      Un peu plus loin, c'est au musée du Fado, resté exceptionnellement ouvert dans la nuit de samedi à dimanche dans l'attente de la décision de l'Unesco, que les amateurs de fado se sont donné rendez-vous.
      "Je suis venu dès que j'ai appris la décision", raconte Gracinda, une sexagénaire, qui assiste à un concert improvisé par quelques musiciens dans le hall d'entrée du musée.
      "Je ne peux pas l'expliquer. Dès que j'entends des accords de guitare, mon corps tout entier vibre", confie-t-elle.
      "Cette décision nous redonne espoir. Tout n'est pas mauvais dans notre pays", renchérit Dalia affichant un large sourire.
      Dès samedi, les Portugais ont été tenus en haleine par les médias qui ont régulièrement rendu compte de la réunion du comité de l'Unesco à Bali, en Indonésie. Dès que la décision a été connue, les réactions officielles n'ont pas tardé.
      "Cette reconnaissance est une source de fierté pour tous les Portugais", a écrit le président de la République Anibal Cavaco Silva dans un message publié sur le site de la présidence où il a rendu hommage aux "chanteurs de fado, aux poètes, aux musiciens, aux compositeurs ayant contribué à faire de Fado une mélodie universelle".
      "Grâce à cette décision, davantage de monde connaîtra le Fado et sa richesse", s'est félicité pour sa part le chanteur Camané, surnommé le "prince du Fado".
      Cette reconnaissance devrait permettre de poursuivre la sauvegarde de ce patrimoine artistique par le biais d'un réseau d'archives et la protection de tous les lieux et objets liés à la mémoire de cet art, a expliqué à l'AFP Sara Pereira, directrice du musée du Fado.
      Le Fado est apparu au XIXe siècle dans les quartiers bordant le fleuve Tage à Lisbonne, point de départ des marins portugais vers l'immense empire colonial qui s'étendait de l'Amérique du Sud à l'Afrique et à l'Asie.
      Cette complainte qui exprime l'absence, les ruptures ou encore la nostalgie, est né de la mélancolie qui régnait dans les ports de la capitale à cette époque.
      Au XXe siècle, ce chant s'est imposé comme le symbole de la culture portugaise. Rendu populaire par la diva Amalia Rodrigues, disparue en 1999 et qui l'avait chanté aux quatre coins du monde, le fado connaît aujourd'hui une très grande vitalité, porté par une génération d'artistes qui a su renouveler ce style musical. 
      De Mariza à Cristina Branco, en passant par Carminho ou Ana Moura, le chant de la "saudade", ce mal de vivre portugais, continue aujourd'hui encore d'être écouté dans le monde entier.
      lf/bir

source: AFP -- 27/11/2011


   Lisboa celebra la inscripción del fado en el patrimonio de la humanidad
   Por Lévi Fernandes

   La inscripción del fado en el patrimonio cultural inmaterial de la UNESCO fue recibida este domingo por gritos de alegría en el barrio Alfama de Lisboa, cuna de este canto que se ha convertido en el símbolo de todo un pueblo.
   "¡Viva el fado! Es un día importante para nosotros", exclamó Maria Argentina, una cantante radicada en este lugar que vive al ritmo de ese "blues portugués", que expresan sentimientos de tristeza y nostalgia.
   A poca distancia se encuentra el Museo del Fado, que excepcionalmente permaneció abierto la noche del sábado en espera de la decisión de la Organización de Naciones Unidas para la Educación y la Cultura (UNESCO). Allí se dieron cita los aficionados al fado.
   "Vine en cuanto me enteré de la decisión", dijo Gracinda, una sexagenaria, que asistió a un concierto improvisado por algunos músicos en el vestíbulo del museo.
   Desde el sábado, los portugueses estaban pendientes de los medios de comunicación, que regularmente daban informacioens sobre la reunión del comité de la UNESCO en Bali, Indonesia. En cuanto se conoció la decisión comenzaron a llegar las reacciones oficiales.
   "Este reconocimiento es una fuente de orgullo para todos los portugueses", escribió el presidente de la República, Anibal Cavaco Silva, en un mensaje publicado en el sitio web de la presidencia, en el cual rindió homenaje a los "cantantes de fado, a los poetas, los músicos, los compositores que contribuyeron a hacer del fado una melodía universal".
   "Gracias a esta decisión, muchas más personas conocerán el fado y su riqueza", se congratulópor su parte el cantante Camane, apodado "el príncipe del fado".
   Este reconocimiento permitirá continuar la salvaguarda de ese patrimonio artístico a través de una red de archivos y la protección de todos los lugares y objetos vinculados a la perpetuación de ese arte, explicó a la AFP Sara Pereira, la directora del Museo del Fado.
   El fado surgió en el siglo XIX en los barrios de Lisboa bordeados por el Tajo, el punto de partida de los marinos portugueses hacia el inmenso imperio colonial que se extendía desde América del Sur a África y Asia.
   Este lamento musical que habla de la ausencia, de las rupturas o de la nostalgia, nació de la melancolía que reinaba en los puertos de la capital en esa época.
   En el siglo XX, este canto se impuso como el símbolo de la cultura portuguesa. Fue difundido por la diva Amalia Rodrigues, fallecida en 1999, quien la cantó en todo el mundo. Actualmente el fado goza de una gran vitalidad, gracias a una generación de artistas que renovó este estilo musical.
   Desde Mariza a Cristina Branco, pasando por Carminho y Ana Moura, el canto de la "saudade" sigue siendo escuchado en el mundo entero.
   lf/bir/bds/it/ltl

Source: AFP -- 27/11/2011 

A lire: http://economia.terra.com.co/noticias/noticia.aspx?idNoticia=201111271809_AFP_TX-PAR-SKZ49
http://www.holaciudad.com/lisboa-celebra-la-inscripcion-del-fado-el-patrimonio-la-humanidad-n192901

Fado: Lisbonne se bat pour sauvegarder et promouvoir son patrimoine musical
   Par Lévi FERNANDES

    Le Portugal, qui redécouvre le fado grâce à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes, se bat pour sauvegarder et promouvoir ce patrimoine musical unique de sa culture populaire urbaine.
   "Il y a quelques années les gens se déplaçaient pour écouter le fado mais pas pour en parler. C'était impensable", soulignait récemment le fadiste Carlos do Carmo, lors d'un colloque sur le fado, devant une salle comble.
   "Le fado n'est plus tabou et fait désormais partie de notre univers", a observé l'un des visages les plus connus du fado, Carlos do Carmo, surnommé "le Jacques Brel portugais", qui chante depuis plus de quarante ans.
   Conspué par certains dans la période qui a suivi la Révolution des Oeillets en 1974, qui mit fin à la dictature salazariste, le fado a regagné depuis ses lettres de noblesse. Les Portugais ont pris conscience de la valeur de ce chant traditionnel qu'ils revendiquent comme une part intégrante de leur culture.
   La municipalité de Lisbonne a décidé il y a quelques semaines de proposer à l'Unesco d'inscrire le fado au patrimoine oral et immatériel de l'humanité.
   "Cette proposition souligne la valeur exceptionnelle du fado en tant qu'expression artistique et symbole de la ville", fait valoir Pedro Santana Lopes, maire de Lisbonne. Le dossier de candidature sera remis à l'Unesco en septembre prochain.
   Cette distinction vise à sensibiliser l'opinion publique afin que la valeur d'un patrimoine oral soit reconnue et sa sauvegarde encouragée.
   "Cette proposition de candidature n'a de sens que si elle est suivie ensuite d'un programme sérieux de recherche, de la constitution systématique d'archives et du rachat des enregistrements de fado, qui se trouvent actuellement à Londres", estime pour sa part le musicologue Rui Vieira.
   Après une vaste mobilisation, les amateurs de ce chant populaire avaient obtenu gain de cause en 1998 avec l'ouverture à Lisbonne de la Maison du fado et de la guitarre portugaise. Au coeur du quartier historique d'Alfama, l'un des berceaux de ce chant, ce centre entièrement dédié à cette expression musicale, renferme un musée didactique et un centre d'études de cet art populaire.
   "A la Maison du fado, nous recueillons tout ce qui a trait à la tradition orale, mais comme nous avons commencé tard, ce travail est actuellement en cours", précise Carlos do Carmo.
   L'étude de l'histoire du fado a été relancée par la découverte en Grande-Bretagne l'année dernière des premiers enregistrements de cette musique, qui remontent à 1904. Né au XIXème siècle dans les quartiers populaires de la capitale portugaise, le fado a été rendu célèbre dans le monde par la diva Amalia Rodrigues, disparue en 1999.
   L'intérêt pour le fado dépasse les frontières à en juger par le succès international de nouvelles voix, qui incarnent le renouveau de ce genre musical, tels que Mariza, Cristina Branco, Dulce Pontes, Misia ou encore Mafalda Arnaut.
   Le cinéma n'échappe pas à ce regain d'intérêt. Le réalisateur espagnol Carlos Saura, auteur notamment de "Tango" en 1998, prépare actuellement un long-métrage sur le thème du fado, indique Carlos do Carmo, qui sera le narrateur de cette histoire.


   "Le fado, qui s'inscrit dans la world music, est à la mode", car il a su se renouveler, constate le fadiste. Et d'ajouter : "On assiste actuellement à l'émergence de nouveaux artistes décomplexés et originaires d'un univers musical très ouvert".
Date: 2005

L'amour du cinéma, ultime recours des réalisateurs (2012)

   L'amour du cinéma, ultime recours des réalisateurs portugais
   Par Lévi FERNANDES

 "Il ne nous reste plus que l'amour du cinéma pour tourner" : ce cri du coeur du réalisateur Joaquim Sapinho témoigne de la situation dramatique du cinéma d'auteur au Portugal, confronté à l'une des pires crises économiques de son histoire.
   "La cinéma portugais a toujours vécu avec peu de moyens. Mais nous parvenions toujours à combiner quelques aides publiques avec notre amour du cinéma", explique le réalisateur qui aimerait voir sortir en salle son dernier film "Deste lado da Ressureiçao" (De ce côté-ci de la Résurrection).
   "Nous n'avons pas, pour l'instant, les moyens de financer les copies", ajoute de son côté son producteur Pedro Duarte de la société Rosa Films.
   Le cinéma portugais d'avant-garde est né dans les années 60, en pleine dictature salazariste, au sein d'une élite intellectuelle. Censuré par le pouvoir, il n'en a pas moins réussi à acquérir une renommée internationale.
   Après la Révolution des Oeillets de 1974 qui instaure la démocratie, le septième art, soutenu par des fonds publics, connaît un nouveau souffle avec des cinéastes comme Pedro Costa, César Monteiro, Paulo Rocha ou encore Manoel de Oliveira qui, à 103 ans, continue de tourner.
   Portés aujourd'hui par une nouvelle génération, les films lusitaniens se distinguent par une liberté de ton et une esthétique particulière.
   La situation du cinéma, qui attire davantage de spectateurs à l'étranger qu'au Portugal, est devenue dramatique l'année dernière, lorsque le pays a été placé sous perfusion internationale en échange d'un programme drastique d'austérité.
   Tous les ministères ont subi des coupes budgétaires sévères et celui de la Culture, relégué au rang de secrétariat d'Etat, n'a pas échappé à la règle. Le budget de la Direction générale des arts, chargé de soutenir les arts du spectacle, a été réduit de 38%, tandis que la TVA sur les billets de cinéma est passée de 6 à 13%.
   "Notre cinéma est dans une situation d'asphyxie", lance le réalisateur Joao Pedro Rodrigues joint au téléphone par l'AFP au festival de Locarno en Suisse, où il présente son film "La dernière fois où j'ai vu Macao".
   "Je n'ai aucun soutien de mon pays que je représente à ce festival", observe le réalisateur de "Mourir comme un homme" et "O Fantasma".
   La situation est identique pour la majorité des cinéastes portugais qui se sont distingués pourtant ces dernières années dans plusieurs festivals, à l'instar de Miguel Gomes et Joao Salaviza primés en février à la Berlinale.
   Depuis le début de l'année, les subventions de l'Institut du cinéma et de l'audiovisuel (ICA) se sont brusquement arrêtées en raison de la crise. De nombreux projets attendent toujours de recevoir les aides promises. D'autres sont tout simplement suspendus.
   Le gouvernement de centre-droit a proposé une loi, approuvée en juillet, destinée à renflouer les caisses de l'ICA qui seront financées non seulement par la publicité à la télévision comme auparavant, mais également par de nouvelles taxes provenant d'autres opérateurs de contenus audiovisuels.
   D'après le gouvernement, ces mesures permettront de multiplier par trois les fonds de cet organisme, à hauteur de 27 millions d'euros par an.
   Alors que cette nouvelle loi est fortement contestée par les opérateurs qui refusent de nouvelles taxes, de nombreux réalisateurs craignent qu'elle soit retardée.
   "Les premiers financements pourraient n'arriver qu'en 2014. Que se passera-t-il avec les productions de cette année et de 2013?", s'interroge Joaquim Sapinho.
   "Monteurs, techniciens,... pour survivre des tas de gens vont devoir changer de métier ou émigrer", s'inquiète Pedro Duarte.
   "Aujourd'hui, nous sommes contraints d'emprunter, de recourir à des amis ou à des coproductions pour terminer les projets en cours", confie M. Sapinho.
   "Malgré tout le cinéma portugais ne s'arrête pas, conclut toutefois optimiste Joao Pedro Rodrigues. Je suis réalisateur. Je continuerai de faire des films".
   lf/bir

Source: AFP -- 17/08/2013
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